
La Panacée Bio : L’ail noir : le trésor oublié qui pourrait bien changer votre santé
9 juin 2026Elle a tout connu de l’intérieur : la pression des grands groupes, l’illusion de tenir, l’effondrement. Puis la reconstruction. Aujourd’hui sophrologue et intervenante en prévention des risques psychosociaux, Claire Lebleu a fondé Le Bon Tempo avec une certitude chevillée au corps : ralentir n’est pas une faiblesse. C’est une stratégie.
Quand c’est le corps qui parle en premier
Il y a des parcours qui ne s’inventent pas. Claire Lebleu a été manager dans un grand groupe de services en ressources humaines. Engagée, performante, investie. Comme beaucoup. Et comme beaucoup, elle a ignoré les signaux. Trop longtemps. « J’ai vécu l’épuisement professionnel. À force de vouloir tenir, j’ai fini par m’effondrer. »
Ce n’est pas une anecdote qu’elle glisse en passant. C’est le point de départ de tout ce qu’elle construit aujourd’hui. Parce que l’effondrement, suivi d’une seconde alerte, l’a conduite à une question fondamentale qu’elle n’aurait jamais posée autrement : comment est-il vraiment possible de travailler autrement ? Pendant quatre ans, elle cherche. Elle se forme. Elle crée le podcast Le Bon Tempo, dans lequel elle interroge des femmes et des hommes qui ont choisi des rythmes de vie plus respectueux d’eux-mêmes. Elle développe une expertise en prévention des risques psychosociaux, construite non pas dans les livres, mais sur le terrain de sa propre expérience. Et elle devient sophrologue, installée à Montesson, après deux années de pratique à Houilles.
La sophrologie, bien au-delà des idées reçues
La sophrologie souffre encore d’une image floue dans l’esprit du grand public : vaguement ésotérique, réservée aux personnes fragiilisées, difficilement compatible avec les environnements professionnels exigeants. Claire Lebleu prend le contre-pied de cette représentation à chaque séance, à chaque intervention en entreprise.
Ce que la sophrologie propose, c’est un travail psychocorporel structuré, qui s’appuie sur trois leviers complémentaires : la respiration consciente, la relaxation dynamique et la visualisation. Trois outils simples en apparence, redoutablement efficaces pour réguler le système nerveux autonome, apaiser les tensions accumulées et restaurer un état d’équilibre global, quand le corps et le mental sont entrés en surchauffe.
« On parle de santé mentale, pas de maladie mentale. Je veux donner de l’élan, montrer que d’autres chemins existent. » C’est cette conviction qui oriente toute l’approche de Claire : pragmatique, bienveillante, ancrée dans le réel. Pas de promesse miraculeuse. Une progression concrète, à la mesure de chaque personne.
Prévenir plutôt que réparer : un enjeu de santé publique
Les chiffres sont là, et ils ne mentent pas. Selon les données de l’INRS, le stress au travail est aujourd’hui la deuxième cause de maladie professionnelle en France. Et le burnout, longtemps minimisé, est désormais reconnu comme un syndrome d’épuisement professionnel à part entière par l’Organisation Mondiale de la Santé.
Ce que Claire Lebleu pointe avec acuité, c’est la fragilité de la phase de retour : « Aujourd’hui malheureusement, 20 % des personnes qui reviennent au travail après un burnout rechutent dans l’année, lorsque les conditions de reprise ne sont pas suffisamment sécurisées. » Un chiffre qui dit tout sur l’enjeu de la prévention primaire, celle qui intervient avant la crise, pas après.
C’est précisément là que se situe son travail au quotidien. Avec les entreprises d’abord : sensibilisation des équipes, formation des managers à repérer les signaux faibles, accompagnement à la reprise de poste. Avec les individus ensuite : adolescents sous pression scolaire, adultes actifs épuisés, artistes confrontés au trac et au doute créatif, parents débordés par la charge du quotidien.
Une approche qui s’adapte à chacun
Ce qui frappe dans la pratique de Claire Lebleu, c’est son refus du protocole unique. La sophrologie, dans ses mains, n’est pas une méthode que l’on applique à la chaîne. C’est un outil vivant, qu’elle ajuste en permanence au profil, au rythme et aux besoins réels de chaque personne qu’elle accompagne.
Pour un adolescent qui vit mal la pression du lycée, le travail portera sur la confiance en soi et l’ancrage. Pour un cadre en prévention d’épuisement, sur la régulation des émotions et la gestion de l’énergie. Pour un artiste avant une première, sur la préparation mentale et la libération du trac. La technique est la même. L’intention est personnalisée.
Les séances se déroulent en cabinet à Montesson ou en ligne, selon les contraintes et le rythme de chacun. Ce dernier point n’est pas anodin : chez quelqu’un qui accompagne des personnes débordées, la flexibilité n’est pas un détail. C’est une cohérence.
Ralentir : un acte de résistance, et de performance
Claire Lebleu aime rappeler une vérité que le monde du travail a du mal à entendre : ralentir ne signifie pas moins produire. C’est souvent le contraire. Les études sur la qualité de vie au travail le montrent régulièrement : les organisations qui investissent dans le bien-être de leurs collaborateurs obtiennent de meilleurs résultats, moins d’absentéisme, plus d’engagement.
« Prendre soin de l’individu au travail, c’est aussi prendre soin de la société dans laquelle on veut continuer à vivre. » Une phrase qui dépasse le seul cadre de l’entreprise. Elle touche à quelque chose de plus fondamental : la manière dont on choisit, collectivement, d’organiser le temps, l’effort, la valeur du repos.
C’est ce message que Claire Lebleu porte, dans ses cabinets, dans les entreprises, dans son podcast. Avec une énergie qui surprend, pour quelqu’un dont le sujet pourrait sembler anxi ogène. Mais c’est peut-être là son vrai talent : transformer un territoire qui fait peur en terrain d’espoir.




