
Medecine : douleur, anti-inflammatoires et Bien-être & Mode de vie
8 juillet 2026Endométriose, périménopause, troubles hormonaux, charge mentale : longtemps sous-investis par la recherche médicale, ces sujets poussent de plus en plus de femmes à sortir du seul cadre curatif pour prendre soin d’elles de façon globale. Sophrologie, hypnose, naturopathie… les pratiques complémentaires de santé connaissent un essor important en France, où un habitant sur deux les a déjà expérimentées. Pour comprendre ce mouvement de fond, nous avons interrogé un porte-parole de Médoucine, plateforme de référence qui recense et met en relation praticiens et usagers de ces approches. Entre données chiffrées, conseils pratiques et repères pour bien choisir son praticien, cet échange éclaire les ressorts d’une santé féminine pensée dans sa globalité.
Une prise de conscience portée par l’écart entre espérance de vie et espérance de vie en bonne santé

Pendant longtemps, la santé des femmes s’est concentrée sur les aspects purement médicaux. Aujourd’hui, observe-t-on une évolution vers une approche plus globale du bien-être ?
C’est un sujet majeur : en 2025, l’espérance de vie à la naissance atteint 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes, selon l’INSEE. En revanche, les femmes peuvent espérer vivre 64,1 ans sans incapacité, contre 63,7 ans pour les hommes. L’espérance de vie en bonne santé est donc nettement plus courte, et quasiment identique chez les hommes et les femmes. Les femmes souffrent davantage de maladies chroniques invalidantes, mais aussi de symptômes liés au stress et aux cycles féminins. Dans ce contexte, elles sont de plus en plus nombreuses à prendre conscience qu’elles peuvent avoir un rôle actif dans leur qualité de vie au quotidien et dans la prévention santé. C’est ce que l’on constate sur Médoucine, avec près de 80 % des utilisateurs qui sont des femmes, dont près de 50 % ont entre 35 et 55 ans.
Des troubles féminins historiquement délaissés par la recherche
Quelles sont les problématiques qui poussent les femmes à davantage s’intéresser à leur santé globale et à compléter les parcours médicaux de soins « classiques » ?
De nombreux troubles spécifiquement féminins ont été très peu investis par la médecine et la recherche, avec seulement 6 % des investissements pour 50 % de la population selon l’OMS : endométriose, douleurs de règles, périménopause, troubles hormonaux. Ces sujets, longtemps sous-diagnostiqués et sans solution médicamenteuse, ont laissé un vide que les femmes comblent elles-mêmes en allant chercher d’autres ressources.
La charge mentale et le stress qu’elles supportent dans leurs rôles multiples, au travail, en famille, à la maison, dans leur couple, créent des troubles fonctionnels et diffus, fatigue, troubles du sommeil, qui ne sont pas des maladies mais ont un impact fort sur leur qualité de vie et pour lesquels elles cherchent des solutions.
Elles sont aussi plus sensibles au sujet du poids et donc de l’alimentation, en quantité mais aussi en qualité, l’un des sujets majeurs d’une vision globale de la santé. Le besoin d’écoute est également un moteur : les consultations dans les pratiques de soin complémentaires sont plus longues et permettent d’avoir un espace où elles peuvent se reposer et prendre soin d’elles.
Sans chercher à remplacer les soins conventionnels, dont elles restent les premières utilisatrices, elles viennent donc chercher dans ces pratiques une vision du soin plus globale, une façon de prendre soin d’elles en tant que personne, au delà du curatif et des soins apportés à un organe ou une maladie.
Le temps et l’écoute, valeur ajoutée des pratiques complémentaires

L’approche des pratiques complémentaires explose, un Français sur deux les a déjà testées : concrètement, qu’est-ce qu’elles apportent par rapport à la médecine conventionnelle ?
Ces pratiques apportent plusieurs éléments qui ont beaucoup de valeur pour les Françaises. D’abord du temps, une séance dure a minima 45 à 60 minutes, ce qui laisse de la place à l’écoute : sur 400 000 avis récoltés par Médoucine, « écoute » est le mot qui ressort le plus souvent.
Ensuite, une approche systémique de la personne dans toutes ses dimensions : le corps, mais aussi l’émotionnel, le mental, la qualité des liens, le rapport au travail et à son environnement. Ce sont des pratiques qui, au delà d’un symptôme, s’attachent à remonter à la source des problèmes pour résoudre durablement des troubles qui peuvent être récurrents.
Enfin, ce sont des pratiques qui encouragent l’autonomie : il ne s’agit pas de prendre un traitement ponctuel mais d’apprendre de nouvelles ressources sur des fondamentaux de l’hygiène de vie, bien manger, bien dormir, respirer, s’accorder des temps pour soi, changer la perception d’une situation, qui donnent à la personne des clés pour sa santé sur la durée.
Bien choisir son praticien : les points de vigilance
Aujourd’hui, le marché des praticiens de pratiques complémentaires n’a jamais été aussi diversifié : quels sont vos conseils pour aider les femmes à se repérer dans cet univers et à faire le choix du bon praticien ?
Médoucine met à disposition deux ressources pour accompagner ce choix : un guide en ligne pour bien choisir son praticien, et un guide à télécharger co-construit avec des médecins, soignants et usagers.
Les points clés à retenir : se sentir à l’aise avec la personne et se sentir libre de partir à tout moment si ce n’est plus le cas. Ne pas hésiter à arrêter un suivi en cas de doute, en parler autour de soi ou alerter les syndicats ou plateformes concernés.
Vérifier la formation réelle, les diplômes, et les avis, en regardant en particulier les plus négatifs pour comprendre la nature des plaintes éventuelles. Pour plus de sécurité, privilégier les réseaux ou syndicats qui effectuent une vérification en amont : casier judiciaire, assurance professionnelle, diplôme.
Enfin, être attentif aux signaux d’alerte : un praticien sérieux ne demande jamais d’arrêter un traitement médical en cours, ne fait aucune promesse de guérison, et adopte en toutes circonstances un comportement respectueux.
Trois conseils pour se lancer
Si vous deviez donner trois conseils à une femme qui souhaite prendre davantage soin de sa santé de façon globale, par où lui conseilleriez-vous de commencer ?
D’abord, partir d’un besoin précis, sommeil, stress, douleur, fatigue, ou tout autre ressenti, dont on souhaite qu’il évolue, afin de pouvoir en mesurer l’impact.
Ensuite, identifier une technique avec laquelle on se sent à l’aise, qui donne suffisamment envie pour pouvoir la pratiquer en autonomie entre deux suivis : l’hypnose ou la sophrologie, par exemple, peuvent se pratiquer à la maison, tandis que la naturopathie peut impliquer une évolution de l’alimentation qu’il faut être prêt à envisager.
Enfin, choisir la personne tout autant que la technique : la qualité de la relation et de l’écoute compte souvent plus que la méthode elle-même dans le ressenti de mieux-être. Pour cela, les avis et les photos disponibles sont de bons repères.
Dans tous les cas, il s’agit d’envisager cet usage en complément du suivi médical : ne pas hésiter à en parler à son médecin, qui pourra lui aussi conseiller. 80 % des médecins généralistes ont d’ailleurs déjà recommandé une pratique de soin complémentaire à leurs patients.




