
L’âge d’or n’est pas derrière nous.
12 février 2026
Seniors : pourquoi l’activité physique est votre meilleur allié santé
16 février 2026Pendant longtemps, le Pilates a eu une image un peu élitiste — une affaire de danseuses et de femmes en leggings haut de gamme. Difficile, dans ce contexte, de le prendre vraiment au sérieux sur le plan médical. Et pourtant. Depuis une vingtaine d’années, les publications scientifiques s’accumulent. Et elles disent des choses intéressantes.
Joseph Pilates a mis au point sa méthode dans les années 1920, initialement pour rééduquer des soldats blessés. Un siècle plus tard, c’est devenu l’une des disciplines les plus étudiées en médecine physique. Pas parce que c’est tendance. Parce que les résultats, mesurés en laboratoire et en cabinet, sont là.
Le dos, d’abord
C’est le terrain où les preuves sont les plus solides. La lombalgie chronique touche près d’un Français sur cinq. Et plusieurs méta-analyses publiées dans la Cochrane Database of Systematic Reviews — référence mondiale en matière de médecine fondée sur les preuves — ont conclu à une réduction significative de la douleur chez les patients pratiquant le Pilates régulièrement. L’explication tient en quelques mots : les muscles profonds du dos, ceux qui soutiennent vraiment la colonne, sont précisément ceux que le Pilates cible. Les fameux transverse de l’abdomen et multifides, que la plupart des exercices classiques ne touchent pas vraiment.
Des études d’électromyographie l’ont confirmé : après quelques semaines de pratique supervisée, l’activation de ces muscles est mesurée, documentée, réelle.
L’équilibre et les chutes
Pour les personnes vieillissantes, l’enjeu est différent mais tout aussi concret. Chuter, à 75 ans, peut avoir des conséquences graves. Une méta-analyse publiée sur PubMed en 2023, portant sur quinze essais randomisés contrôlés, a montré que le Pilates améliore significativement l’équilibre statique et dynamique chez les seniors, et contribue à réduire le risque de chutes. Discipline douce, sans impact articulaire, adaptable aux capacités de chacun — le Pilates coche beaucoup de cases pour cette population.
Ces résultats sont confirmés par une autre méta-analyse de référence parue dans le Journal of Aging and Physical Activity, qui conclut que le Pilates produit un effet significatif sur l’équilibre global, avec une taille d’effet importante sur les mesures dynamiques et statiques.
La tête aussi
Les effets sur la santé mentale sont plus récents dans la littérature, mais ils commencent à faire consensus. Une méta-analyse publiée sur PubMed dans Complementary Therapies in Medicine rapporte une réduction significative des symptômes dépressifs et anxieux chez les pratiquants réguliers, ainsi qu’une diminution de la fatigue et une augmentation du sentiment d’énergie. Des résultats comparables à ceux observés avec d’autres formes d’activité physique modérée.
Plus récemment, une revue systématique de 18 essais randomisés contrôlés, regroupant 827 patientes, a confirmé que le Pilates réduit les niveaux de dépression et d’anxiété chez les femmes présentant des symptômes dépressifs. La concentration exigée par la pratique — sur la respiration, sur la précision du mouvement — agit un peu comme une forme de pleine conscience en mouvement. Le corps travaille, le mental souffle.
Des pathologies spécifiques aussi explorées
La recherche s’est aventurée plus loin. Un essai clinique randomisé publié sur PubMed a étudié 80 personnes atteintes de sclérose en plaques pratiquant le Pilates à domicile sur huit semaines : les résultats montrent des améliorations cliniquement significatives sur la fatigue, l’anxiété et les symptômes dépressifs. En post-partum, le Pilates est de plus en plus intégré dans les protocoles de rééducation périnéale, toujours sous supervision d’un professionnel.
Nuance nécessaire
La science sur le Pilates n’est pas parfaite. Beaucoup d’études portent sur de petits groupes, avec des suivis courts. Les protocoles varient d’une étude à l’autre, Pilates au sol, sur machine Reformer, fréquence hebdomadaire différente. Ce que les chercheurs disent, en revanche, c’est que la pratique régulière et encadrée produit des effets cohérents et reproductibles. Quelques séances isolées, beaucoup moins.
Le Pilates ne guérit pas tout. Mais pour renforcer les muscles profonds, soulager le dos, améliorer l’équilibre et prendre soin de sa tête autant que de son corps, les preuves sont là, solides, accumulées, difficiles à ignorer.




