
Protégé : Capvital : l’art de bien vieillir chez-soi dans le confort.
12 février 2026Il est maintenant.
Au 1er janvier 2024, 21,8 % de la population française avait 65 ans ou plus. C’est ce que confirme le dernier bilan démographique de l’INSEE. En 2050, la part des plus de 75 ans doublera presque, pour atteindre 16,4 %. Ces chiffres, on les brandit souvent pour parler de coût, de poids, de charge. Nous, nous choisissons d’y lire autre chose : une France qui vit plus longtemps. Une France dont l’espérance de vie atteint désormais 85,6 ans pour les femmes, 80 ans pour les hommes. Une France qui a, collectivement, gagné des décennies de vie supplémentaires en l’espace de deux générations.
Et pourtant, quelque chose cloche dans le récit qu’on nous propose. Les seniors y apparaissent trop souvent comme un problème à gérer, un fardeau à anticiper. On parle de dépendance avant de parler d’autonomie. On parle de coût avant de parler de contribution. On oublie que plus de 5 millions de personnes âgées sont aujourd’hui engagées dans la vie associative — c’est le Ministère de la Santé qui le chiffre. On oublie qu’ils transmettent, créent des liens, gardent leurs petits-enfants, font tourner des pans entiers de l’économie locale.
Ce qui ressort de toutes les enquêtes est pourtant d’une clarté absolue : 92 % des Français souhaitent vieillir à domicile, selon le baromètre réalisé par la Silver Alliance et relayé par la Stratégie nationale Bien Vieillir. Pas en institution, pas en résidence médicalisée. Chez eux. Dans leur cuisine, avec leur jardin, leurs habitudes, leurs souvenirs sur les étagères. Ce désir-là n’est pas une naïveté — c’est une priorité de santé publique.
Rester chez soi, longtemps et bien, ce n’est plus une utopie. C’est un horizon accessible, à condition qu’on se donne les moyens concrets d’y répondre. L’Allocation Personnalisée d’Autonomie, les diagnostics à domicile, les équipements médicaux adaptés, les aidants formés et soutenus : ce sont ces maillons, discrets mais essentiels, qui font la différence entre une vieillesse subie et une vieillesse choisie. Aujourd’hui, 4,3 millions de proches aidants accompagnent régulièrement un aîné en France, dont 2,8 millions au quotidien à domicile. C’est une force silencieuse, inestimable, qu’il faut nommer et reconnaître.
La CNSA et les pouvoirs publics l’ont compris : le virage domiciliaire est engagé. Il faut désormais lui donner les moyens de ses ambitions. Car l’âge d’or des seniors ne se décrète pas, il se construit, séance après séance, visite après visite, équipement après équipement, dans l’intimité des maisons françaises où quelqu’un, enfin, prend le temps d’écouter.
Ce numéro de Santé Magazine leur est dédié. À ceux qui avancent en âge sans renoncer. À ceux qui les accompagnent. Et à tous ceux qui croient, comme nous, que bien vieillir est un droit, pas un privilège.
Sources et références officielles
→ INSEE — Bilan démographique 2024 : espérance de vie et pyramide des âges
→ CNSA — Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie : politiques d’autonomie et chiffres clés
→ Stratégie nationale Bien Vieillir 2023 — Gouvernement : objectifs 2030
→ Ministère de la Santé — Chiffres clés personnes âgées : données officielles
→ Service-Public.fr — Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) : droits et aides
→ Sénat — Questions sur le maintien à domicile : enjeux et coordination
→ DREES — Perte d’autonomie et projections 2030-2050 : données épidémiologiques
→ Aidants Connect — Portail des proches aidants : droits et dispositifs




