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29 décembre 2025À Lyon, dans le quartier de la Croix-Rousse, Marine Garcin reçoit une quinzaine de patients par jour dans son cabinet ChiroEnergétic. Depuis douze ans, cette chiropracteur de 38 ans a développé une approche qui interroge : et si les douleurs physiques n’étaient que la partie visible de tensions émotionnelles plus profondes ?
Un parcours personnel qui change tout

L’histoire commence en 2017. Marine Garcin, alors déjà installée en tant que chiropracteur, traverse une période difficile. Dix-huit kilos de surpoids, un épuisement chronique, la sensation d’être « à côté de sa vie ». « J’avais beau multiplier les régimes et les séances de sport, rien ne fonctionnait durablement. C’est là que j’ai compris : mon corps me parlait d’autre chose. »
En six mois, elle perd ces kilos sans régime restrictif. Comment ? En travaillant sur ce qu’elle appelle la « connexion à soi ». Cette expérience personnelle donnera naissance à sa méthode ACE.7 (Apaisé, Connecté, Épanoui), qu’elle détaille dans un livre éponyme publié en 2022.
De la chiropraxie classique à l’approche émotionnelle
La chiropraxie traditionnelle traite les troubles musculo-squelettiques par des ajustements vertébraux. Marine Garcin y ajoute une dimension : « Je me suis rendu compte que certains patients revenaient avec les mêmes douleurs, malgré des ajustements techniquement parfaits. Comme si le corps cherchait à exprimer quelque chose qui n’était pas entendu. »
Elle se forme alors à différentes approches complémentaires : gestion du stress, nutrition intuitive, coaching. Son premier livre, « La santé de deux mains », raconte cette évolution professionnelle. Le troisième, « Mieux vivre avec ses émotions », approfondit le lien entre symptômes physiques et vécu émotionnel.
« Une tension récurrente aux cervicales peut révéler une difficulté à prendre des décisions, une lombalgie chronique, une peur de manquer de soutien », explique-t-elle. Des liens que certains médecins qualifient de psychosomatiques, un terme qu’elle n’aime pas : « Je préfère parler de langage du corps. Ce n’est pas ‘dans la tête’, c’est dans le corps. »
Une pratique qui ne fait pas consensus

L’approche de Marine Garcin soulève des questions au sein même de sa profession. L’Association française de chiropraxie (AFC) rappelle que cette discipline est reconnue pour son efficacité sur les troubles neuro-musculo-squelettiques, mais reste prudente sur les liens avec la sphère émotionnelle. « Les données scientifiques manquent encore pour établir des protocoles validés », précise un représentant de l’association.
Marine Garcin en est consciente : « Je ne prétends pas avoir de preuves scientifiques irréfutables. Je constate, au quotidien, que cette approche aide mes patients. Mais je ne remplace jamais un suivi psychologique ou médical si nécessaire. »
Une patientèle en recherche de sens

Sophie, 42 ans, consulte Marine Garcin depuis deux ans pour des migraines chroniques. « Les médicaments ne fonctionnaient plus. Elle m’a fait prendre conscience que mes migraines survenaient toujours quand je me sentais débordée professionnellement. On a travaillé là-dessus en parallèle des ajustements. » Les migraines ont-elles disparu ? « Pas complètement, mais elles sont moins fréquentes et je les vois venir. »
Le cabinet affiche complet plusieurs semaines à l’avance. Les consultations durent 45 minutes, contre 20 à 30 en chiropraxie classique. Tarif : 70 euros, non remboursés par la Sécurité sociale (certaines mutuelles prennent en charge une partie). La prise de rendez-vous se fait en ligne.
Former plutôt que convaincre
Au-delà de son cabinet, Marine Garcin anime des séminaires et des conférences. « Mon objectif n’est pas de convertir qui que ce soit. Juste de partager ce que j’ai découvert et de permettre aux gens de se poser les bonnes questions. »
Une démarche qui séduit au-delà du cercle des patients : plusieurs entreprises lyonnaises font désormais appel à elle pour des interventions sur la gestion du stress.
Reste la question centrale : la chiropraxie émotionnelle est-elle une évolution nécessaire de la discipline ou un glissement vers des pratiques moins encadrées ? Le débat, lui, ne fait que commencer.
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