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10 février 2026Fils de chirurgien esthétique, le Dr Faivre a grandi dans cet univers avant d’en faire son métier. Rencontre avec un praticien qui allie expertise technique et approche humaine.
L’HOMME DERRIÈRE LE PRATICIEN
1. Votre père était également chirurgien esthétique. Comment cette transmission familiale a-t-elle influencé votre vocation et votre approche du métier ?
Mon père était chirurgien esthétique et j’ai grandi dans cet univers. Au début, j’étais même réticent à suivre exactement les mêmes traces. J’ai exploré d’autres spécialités comme la chirurgie vasculaire, mais finalement, c’est bien la chirurgie plastique et esthétique qui m’a appelé. Je voulais faire aussi bien que lui, voire mieux. Cette transmission familiale m’a donné un avantage considérable : j’ai été exposé très tôt à ce métier, notamment lors des jeudis que je passais avec lui au bloc opératoire.
2. Quels sont les conseils ou enseignements de votre père qui guident encore votre pratique aujourd’hui ? Y a-t-il des valeurs professionnelles que vous avez à cœur de perpétuer ?
Mon père était très dur et très grand travailleur. Il m’a transmis avant tout la rigueur et le soin dans la pratique chirurgicale. La valeur principale que je perpétue, c’est que les patients se confient à nous et qu’on ne doit jamais les tromper. Cette relation de confiance est sacrée et fait partie du code de déontologie que nous devons tous respecter. Aujourd’hui encore, je travaille avec la même exigence qu’il m’a inculquée.

TENDANCES & INNOVATION
3. Quelles sont les interventions de chirurgie esthétique les plus demandées en 2025, et comment ont-elles évolué ces dernières années ?
Les interventions les plus demandées concernent clairement la chirurgie de la silhouette : affinement de la taille, augmentation mammaire et augmentation des fesses. Cette dernière tendance, très sud-américaine, s’est développée en France ces dernières années. La chirurgie du vieillissement, liftings, paupières, reste très pratiquée, mais la vraie nouveauté réside dans ce que j’appelle la sculpture corporelle. Les patients ne veulent plus simplement perdre du volume, ils veulent remodeler leur silhouette de manière précise.
4. Quelles innovations technologiques ont le plus transformé votre pratique récemment ?
Les technologies Vaser et Renuvion en lipoaspiration ont véritablement révolutionné notre pratique. Elles permettent une meilleure remise en tension de la peau et rendent possible la sculpture corporelle haute définition. Pour les liftings, la technique du deep plane offre des suites beaucoup plus faciles pour les patients. Et le laser CO2 ultra pulsé, notamment la machine Luminis, est vraiment une machine de compétition pour rétracter la peau. Ces innovations nous permettent d’obtenir des résultats que nous n’aurions pas pu imaginer il y a encore dix ans.
MYTHES & RÉALITÉS

5. Quel est le mythe le plus répandu sur la chirurgie esthétique que vous aimeriez déconstruire et qui vous agace particulièrement ?
Le mythe qui m’agace le plus, c’est que tous les chirurgiens esthétiques seraient des escrocs motivés uniquement par l’argent. La réalité, c’est que je gagne moins qu’un ophtalmologue qui fait des cataractes toute la journée ! Notre chirurgie est longue, compliquée, et surtout, elle a cette dimension particulière : elle n’est pas indispensable médicalement parlant. Ma motivation principale reste la passion du métier. J’ai travaillé 30 ans à mi-temps à l’hôpital, ce n’était clairement pas pour l’argent. Et je suis loin d’être le seul, comme en témoigne l’engagement de nombreux confrères dans la défense d’une pratique éthique et responsable.
6. À quel âge est-il trop tôt ou trop tard pour envisager certaines interventions ?
Il n’y a pas vraiment d’âge limite, ni dans un sens ni dans l’autre. Les limitations sont uniquement physiologiques : l’état de santé général, les médicaments que vous prenez, vos problèmes cardiaques éventuels… tout cela compte bien plus que votre âge chronologique. J’ai opéré des patients de 70-80 ans en pleine forme, et j’ai refusé des patients de 40 ans complètement abîmés par le tabac et l’alcool. C’est vraiment du cas par cas. Chaque situation est évaluée individuellement selon les recommandations de bonnes pratiques.
APPROCHE MÉDICALE
7. Comment préparez-vous psychologiquement un patient avant une intervention ?
Je vois chaque patient en consultation, puis une deuxième fois – que ce soit en présentiel ou en visio – pour m’assurer qu’on se comprend bien. Je réexplique que la chirurgie n’est pas anodine, qu’il y a des suites : de la douleur, du gonflement, des ecchymoses. Et surtout, il y a toujours des risques de complications. Ce n’est pas comme un soin esthétique classique chez votre dermatologue. Cette préparation psychologique est absolument cruciale. Je remets également à mes patients les fiches d’information officielles éditées par la Société Française de Chirurgie Plastique pour qu’ils puissent bien comprendre leur intervention.
8. Refusez-vous parfois des demandes ?
Oui, régulièrement. Je refuse quand les demandes sont irréalistes ou tout simplement irréalisables sur le plan médical. La plus belle récompense pour moi, c’est quand des patientes reviennent me voir 4 ou 6 ans après un refus pour me dire : « Vous aviez raison, j’ai mûri ma réflexion, maintenant je suis prête ». Ça, c’est vraiment gratifiant. C’est la preuve que j’ai bien fait mon travail de conseil. Savoir dire non fait partie intégrante de notre déontologie médicale.
9. Quelles sont les questions essentielles que tout patient devrait poser avant de se décider ?
Les patients devraient systématiquement demander :
- Quelles sont les suites opératoires concrètes ?
- Quels sont les risques réels de complications ?
- Combien de temps dure la convalescence ?
- Quand pourrai-je reprendre mes activités normales ?
- Avez-vous des photos de résultats réels ?
- Quel type d’implants utilisez-vous ? (Pour l’augmentation mammaire, vous pouvez consulter les recommandations de l’ANSM)
Et surtout : vérifiez que votre chirurgien est bien qualifié auprès du Conseil de l’Ordre des Médecins. Vous pouvez également consulter l’annuaire des chirurgiens qualifiés pour trouver un praticien près de chez vous.
PHILOSOPHIE DU NATUREL & VISION PERSONNELLE

10. Vous voyez souvent des patients qui ont déjà été opérés ailleurs. Quelles sont les erreurs que vous constatez ?
Les erreurs les plus fréquentes sont :
- Des opérations faites sur un coup de tête, sans réflexion
- Un manque d’explications sur les suites post-opératoires
- Des attentes complètement magiques sans considération des risques
- Des interventions motivées par des raisons émotionnelles, comme essayer de récupérer un conjoint
- Et malheureusement, beaucoup de chirurgies faites à l’étranger sans consultation appropriée ni suivi post-opératoire
C’est pourquoi il est essentiel de choisir un praticien qui respecte les bonnes pratiques de la profession.
11. Qu’est-ce qui vous passionne le plus dans votre métier au quotidien ?
Deux choses me passionnent vraiment : d’abord l’aspect humain en consultation. J’adore discuter avec mes patients, plaisanter, créer cette relation de confiance. C’est un vrai échange. Ensuite, l’aspect artisanal du métier : créer quelque chose avec ses mains, c’est un vrai métier de couturier manuel. Cette confiance que les patients nous accordent nous impose une responsabilité immense : être à la hauteur de leurs attentes.
12. Comment conciliez-vous les attentes parfois irréalistes des patients avec ce qui est médicalement réalisable ?
J’utilise beaucoup de photos et d’exemples concrets. Je montre notamment des cas via Instagram ou sur les sites internet, mais attention, des photos non modifiées par l’intelligence artificielle ! Cette approche visuelle aide vraiment à aligner les attentes des patients avec ce qui est médicalement réalisable. Il faut être très honnête et transparent dès le départ. Les patients peuvent aussi consulter des galeries de résultats réels pour avoir une idée plus juste de ce qui est possible.
CONSEIL PRATIQUE
13. Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui hésite encore à franchir le pas de la chirurgie esthétique ?
Mon conseil est simple : ne vous faites pas opérer si vous hésitez encore. Attendez que le désir de vous faire opérer dépasse l’appréhension. Attendez que l’envie soit plus forte que la peur avant de franchir le pas. La chirurgie esthétique n’est jamais une urgence. Prenez le temps de consulter les informations officielles destinées aux patients et de bien choisir votre praticien.
QUESTIONS BONUS
14. Et si vous n’étiez pas chirurgien esthétique, quel autre métier auriez-vous exercé ?
(Rires) J’aurais aimé être architecte, et plus particulièrement construire des ponts. Il y a quelque chose de fascinant dans l’idée de relier deux rives, de créer du lien. Finalement, c’est un peu ce que je fais avec la chirurgie : je construis des ponts entre ce que les gens sont et ce qu’ils aspirent à être.
15. Si vous deviez prédire l’avenir de la chirurgie esthétique dans 10 ans, à quoi ressemblera-t-elle ?
Dans 10 ans, je pense qu’on va vers une hyper-spécialisation. Les chirurgiens ne feront plus qu’une ou deux interventions maximum. C’est un peu regrettable selon moi, parce que la polyvalence permet de mieux gérer les situations diverses. La robotique va également prendre une place prédominante, notamment pour les lipoaspirations guidées par échographie et informatisation. L’intelligence artificielle va marquer durablement notre profession. La formation continue devra s’adapter à ces nouvelles technologies.
16. Un dernier mot pour nos lecteurs ?
C’est un métier qui m’a fait vibrer et qui me fera encore vibrer longtemps. J’ai encore plein de projets en tête. Même s’il y a des hauts et des bas, je partage avec mes patients des moments magnifiques, je dirais même magiques. C’est ce qui fait toute la beauté de ce métier.
POUR ALLER PLUS LOIN
Vérifier les qualifications d’un chirurgien :
- Conseil National de l’Ordre des Médecins – Vérification des qualifications et de l’inscription à l’Ordre
- Annuaire des chirurgiens qualifiés SOFCEP – Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens
Organismes professionnels et sociétés savantes :
- SoFCPRE – Société Française de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique (fiches d’information patients)
- SNCPRE – Syndicat National de Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique (conseils pour choisir son chirurgien)
Sécurité sanitaire et réglementation :
- ANSM – Surveillance des implants mammaires – Recommandations officielles de l’ANSM
- Information avant pose d’implants – Fiches d’information obligatoires
Fiches patients par intervention :
- Toutes les fiches d’information officielles – Par type d’intervention
Conseils pour bien choisir :
- Toujours vérifier que votre chirurgien possède la qualification en Chirurgie Plastique Reconstructrice et Esthétique auprès du Conseil de l’Ordre
- Exiger un délai de réflexion minimum de 15 jours entre les consultations
- Se méfier des publicités et des « supermarchés de l’esthétique »
- Demander un devis détaillé et une déclaration de consentement éclairé



